

The History of the House: The Soul of an Old Tannery
Welcome to the "À l'Ancienne Tannerie" gîtes, a place where the charm of Alsace's past meets modern comfort. Our property is situated on a site steeped in history, once shaped by the passionate work of the tanners of Wasselonne.
A centuries-old heritage in Wasselonne: on the very spot where you are staying, a traditional tannery once stood, bordered by the peaceful Kohbach stream. Its activity left its mark on the neighborhood until the beginning of the 19th century.
Upon arrival, take a look at the entrance wall facing Hohengoeft Street. There you will discover an authentic emblem carved in 1745. Engraved with the initials LM, it incorporates two crossed knives and an 18th-century leatherworker, precious tools that bear witness to the leatherworking of yesteryear.
Welcome to our cottages: “Foulon” & “Lohkäs”
To revive the house's heritage, our two furnished apartments bear names emblematic of the tanner's trade. You can easily identify them on the facade thanks to two magnificent hand-painted frescoes: one depicts a traditional fuller, while the other represents a young craftsman shaping Lohkäs.
But what lies behind these unfamiliar terms? We invite you to travel back in time...
A trace in the stone:

Le « Lohkäs » : Le Fromage de Tan
Ne vous fiez pas à son nom : le Lohkäs ne se déguste pas !
Il s'agit d'un « fromage de tan », fabriqué à partir d'écorce de chêne moulue ayant servi au tannage des peaux. Une fois récupérée, cette matière était tassée dans des moules ayant exactement la forme et la taille d'un gros fromage de Munster.
Une tâche confiée aux enfants : Les enfants transportaient ces pains d'écorce vers les étagères de séchage avant de les stocker dans les remises. Une fois secs, ils devenaient les ancêtres de nos briquettes actuelles et servaient de combustible pour chauffer les foyers pendant l'hiver.
L'origine d'un sobriquet : Au tout début, le tan était tassé dans les moules avec les pieds. C'est de là qu'est né le mot « Lohkästreppler », surnom gentiment donné aux habitants de Wasselonne (les Barois). Avec le temps, le terme prit un sens un peu plus ironique pour désigner un oisif, le tassement aux pieds étant l'une des rares tâches peu physiques du métier !
Une tradition alsacienne : À Strasbourg, les marchands de Lohkäs sillonnaient les rues avec leurs chariots. Jusqu'en 1950, un célèbre café de la rue du Bain-aux-Plantes, situé dans une vieille maison de tanneurs, utilisait encore ce mode de chauffage traditionnel.
Le « Foulon » : La Révolution du Travail de la Peau
Le foulon est une grande cuve en bois, semblable à un tonneau gigantesque. Son invention a progressivement remplacé le pénible travail de rivière en automatisant la préparation et le tannage des peaux.
Voici les grandes étapes minutieuses que le foulon permettait d'accomplir :
-
Le Reverdissage : Les peaux étaient rincées à l'eau claire tiède (~30 °C) avec un produit mouillant pendant 5 heures, au rythme doux de 3 à 6 tours par minute.
-
Le Planage : Pour gonfler la peau et éliminer les poils, on ajoutait de la chaux et du sulfure de sodium. Après quelques minutes à sec pour bien répartir les produits, de l'eau était versée très lentement. Le foulon tournait ensuite pendant 15 heures avant un rinçage et un premier écharnage manuel.
-
Le Déchaulage : On éliminait la chaux restante en faisant tourner les peaux pendant environ 6 heures dans une eau tiède additionnée de sulfate d'ammonium et de métabisulfite.
-
Le Prétannage : Un traitement de 3 heures (ou plus) à base de tanins synthétiques ou de sels de chrome préparait le cuir.
-
Le Tannage végétal : Réalisé avec de la poudre de bois de Québracho (un arbre d'Amérique du Sud très riche en tanin) ou de mimosa, ce processus pouvait durer jusqu'à 15 heures selon l'épaisseur des peaux.
À la sortie du foulon, les peaux étaient rincées, essorées, lissées puis mises à sécher, prêtes à devenir un cuir d'exception.



